Plastique VS Verre, qui l’emporte ?

par | Nov 2, 2021 | Culture + Société

Vous êtes sûrement tous déjà tombé sur ses décos cuisines aux rangements 100% verre, tendances et responsables à la fois qui viennent substituer les rangements et contenants en plastique.

 

Du côté des « écolo » ou encore des « zéro déchet influenceurs », le plastique à plutôt mauvaise réputation. Si l’on considère qu’uniquement 9% du plastique produit est recyclé, la meilleure alternative devient forcément le verre, mais est-il réellement plus écologique que le plastique ?

Voyons ensemble quelques-uns des inconvénients et avantages de ces deux matières, comme étant voué à une éternelle guerre.

 

Commençons par le plastique

 

Le plastique, ou la « bête noire » des éco-lovers, n’est sans surprise pas sans impact sur l’environnement. L’OFEV estime que 780’000 tonnes de déchets plastiques sont traités chaque année en Suisse, incinérés ou recyclés. Cependant, le plastique représente également près de 14’000 tonnes de déchets générées. Un petit pays certes, avec cependant une grosse emprunte carbone, si l’on tient compte du fait que près de 125 kilos de plastique sont consommer en moyenne par habitants.

Si l’on se penche sur sa production, une grande majorité des plastiques est fabriquée à partir du pétrole, les rendant par ce fait non-renouvelables. L’obtention du pétrole quant à elle, est source de nombreuses perturbations de l’écosystème marin d’une part, mais également terrestre. On ne compte plus le nombre de marées noires, à l’origine de contamination d’eau et de sol. La manipulation du pétrole joue d’ailleurs grandement dans la mise en danger de la faune, qu’elle soit aquatique ou terrestre.

On ne peut également ignorer l’emprunte carbone sujette au plastique. Tout au long de sa transformation, le plastique émet du dioxyde de carbone. Le CO2, qui est en grande partie à l’origine de ce fameux réchauffement climatique, triste conséquence de l’effet de serre. Il est estimé que plus de 8 milliards de tonnes de plastique ont été produit depuis 1950. On peut donc facilement imaginer l’impact de cette tendance vouée à croître.

Concernant son recyclage, bien que tenté, le procédé ne semble pas être appliqué de manière drastique et très enthousiaste, en comparaison du verre. De plus, lorsque l’on tente de recycler du plastique, le recyclage se fait à la baisse. Ce qui pour le coup change légèrement des méthode d’upcycling où l’on recycle par le haut.

 

Des avantages ?

 

Bien que cherché, difficile de trouver beaucoup d’avantage au plastique. Un des avantages notoire que l’on pourrait accorder au plastique est le fait qu’il se décompose de manière plus rapide (450 ans environ tout de même) que le verre. A noter, que le plastique coûte également moins cher que le verre, que ce soit au niveau de son transport, ou encore de son achat.

 

 

Et quant au verre ?

 

Comme évoqué précédemment, le verre et sa récupération ont su devenir une véritable alternative « trendy » aux rangements et bocaux en plastiques. Cependant, il est important de noter, et surtout de savoir, que le verre et sa production ne sont pas sans impact.

En effet, bien qu’étant une matière recyclable à l’infini, la fabrication de nouveau verre nécessite, elle, du sable. Le Sahara pourrait en rire et rétorquer que cela n’est pas un problème, notre planète abonde de sable. Malheureusement, le verre ne peut pas s’obtenir avec le sable des déserts.

Le sable utilisé pour la production du verre est principalement récolté dans les fonds marins, ainsi que dans les lits des rivières. Jusqu’ici, on pourrait se dire que c’est ok. Cependant, il est important de noter que des micros-organismes y vivent et qu’ils sont également à l’origine de la base de l’alimentation de la chaîne alimentaire. Retirer le sable de son environnement naturel, représente donc une véritable perturbation de l’écosystème. Il est également important de souligner que nous utilisons plus vite ce sable, que la planète ne peut le reconstituer.

Au niveau de sa production, le verre nécessite beaucoup de temps, de ressources et d’énergie. Il y a d’une part son transport, qui produit davantage d’émission que le plastique en raison du poids du verre, mais également l’utilisation de fours fonctionnant aux combustibles fossiles permettant de faire fondre le sable, qui *spoiler alerte*… polluent énormément. Ajoutons, à ceci le fait que le verre met près d’un million d’années à se décomposer dans l’environnement, contrairement au plastique qui lui en met près de 450.

 

© Durée de vie de quelques déchets – Sciences de la Vie et de la Terre

 

Si l’on se penche sur l’aspect recyclable du verre, bien que pour le coup recyclable, l’inconvénient notable pourrait être le faire que l’on ne puisse recycler toutes les différentes couleurs de verre ensemble.

 

 

Le verre, des atouts plein la manche

 

Si l’on met de côté son avantage à être recyclable à l’infini, le verre possède de multiples autres avantages. Pour commencer, le verre est une matière qui s’avère posséder un taux d’interactions chimiques quasi nulle. Il est imperméable et non-réactif. Un réel atout, qui permet de conserver la saveur et les arômes des aliments. Il devient donc un excellent moyen de conserver les aliments, que ce soit au niveau des restes, ou des produits que l’on viendrait d’acheter. De plus, le verre est un matériau qui ne peut fixer les bactéries, par ce fait, il est extrêmement facile à nettoyer, et plus hygiénique également.

Bien qu’ayant une production avec un gros impact, il est cependant important de noter que les matériaux à l’origine du verre, soit principalement le sable, le calcaire et le bicarbonate, qui sont… *thanks to God* tous d’origine naturelle.

Selon un rapport réalisé par Zero Waste France et Reloop, 40 % des émissions associées à la production d’une bouteille en verre peuvent être réduites. Ceci, dans le cas où la bouteille aurait été réutilisée deux à trois fois. Une bouteille réutilisée équivaudrait alors, à près de 85% d’émission de carbone que la production de neuf.

 

 

Plastique vs verre, une guerre plus au moins gagnée d’avance

 

En ce qui concerne l’empreinte carbone, rien ne sert d’épiloguer trop longtemps sans admettre qu’elle se révèle être catastrophique pour chacune des deux alternatives.

Cependant, si l’on s’applique à réutiliser le verre, le recycler davantage plutôt que d’en produire de nouveau, il peut s’avérer être une bonne alternative, sûrement pas meilleure que le plastique, car il est important de ne pas fermer les yeux sur l’impact de sa production d’origine, mais un peu mieux tout de même.

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